Départementales 2015 / entre deux tours

Intervention de Marianne Boulc’h pour les candidates et candidats EELV Créteil aux élections départementales lors de la réunion publique de l’entre-deux tours

 

Bonsoir à toutes et tous,

Franchement, je dois vous dire que c’est assez bizarre de me retrouver devant vous à prendre la parole au nom des écologistes, à l’occasion de cette réunion publique. Bizarre, oui, parce que c’est bien la première fois depuis 2008 qu’une telle démarche de rassemblement existe à Créteil…

 

Dimanche dernier, lors du premier tour des élections départementales, les électeurs ont été plus de 9% à voter pour les candidats Europe Ecologie les Verts dans notre ville, nouvelle confirmation de l’ancrage et de la solidité de l’écologie politique à Créteil.

Si nous écologistes sommes présents ici ce soir, c’est parce que nous savons allier la force de nos convictions et le sens des responsabilités.

Nos convictions reposent sur trois piliers indissociables : l’écologie, bien sûr, la démocratie et la solidarité.

 

L’écologie, d’abord, parce qu’elle est au cœur de notre compréhension et de notre vision du monde.

Dérèglement climatique, épuisement des ressources naturelles, pollution de l’air, de l’eau et des sols, multiplication des maladies chroniques, menaces sur la biodiversité et j’en passe : tous ces phénomènes sont bien réels, frappent nos sociétés humaines aux quatre coins du monde et aggravent les inégalités.

Ce tableau peut sembler noir et il l’est incontestablement. Mais il est pourtant un moteur à l’action, parce que nous savons qu’il n’y a pas de fatalité, parce que nous, écologistes, nous n’avons pas renoncé à « changer la vie ».

Vous me direz « c’est bien beau de vouloir changer la vie, mais vous proposez quoi pour les Cristoliens, pour les Val-de-Marnais ? ».

Notre promesse, c’est de rendre les villes plus vivables ; de retrouver le goût de vivre ensemble dans des espaces publics fertiles et apaisés ; de développer les activités locales et de créer de nouveaux emplois, des emplois durables et non délocalisables.

Je ne vais pas entrer dans le détail de nos propositions ce soir : j’imagine que vous en connaissez un certain nombre, et puis, si cela vous intéresse, vous pouvez toujours aller sur notre site web ou même nous rejoindre !

 

Ce soir, je voulais aussi vous parler de démocratie.

Lors de la soirée électorale de dimanche dernier et dans les analyses politiques qui ont suivi, on a passé rapidement sur l’abstention. Nous avons sans doute été soulagés de constater que l’expression des citoyennes et des citoyens soit supérieure à ce qui était attendu. Et pourtant…

A Créteil, dimanche dernier, ce sont à peine plus de 40% des électeurs qui se sont déplacés, soit une participation comparable à celle des municipales l’an dernier.

Nous ne pouvons pas nous satisfaire d’un tel désintérêt des Cristoliens. En tant que femmes et hommes engagés en politique, nous avons le devoir de nous interroger, nous devons comprendre pourquoi les citoyens ne s’intéressent plus à la politique, et nous devons transmettre le goût et l’appétit pour la démocratie.

Pour cela, il faut d’abord faire vivre le débat démocratique, et laisser s’exprimer des propositions et des points de vue différents. Parce que c’est bien de leur confrontation que peuvent naître des idées nouvelles, des idées capables de répondre aux attentes de nos concitoyens, des idées capables aussi de redonner espoir et d’éloigner le ras-le-bol qui s’exprime dans les urnes, quand il s’exprime.

Parce que les citoyens doutent de la parole politique, parce qu’ils ne croient plus aux lendemains qui chantent, parce qu’ils sont choqués par la multiplication des affaires, nous leur devons la transparence pour règle de conduite et la démocratie réellement participative pour objectif.

Nous avons confiance en la démocratie et nous voulons revivifier son exercice.

C’est pour cela que les écologistes de Créteil font le choix depuis 2008 de présenter leur vision et leurs propositions devant les électeurs. Je déduis de la réunion de ce soir que notre démarche démocratique commence à être comprise et que l’utilité des écologistes dans un rassemblement commence à être reconnue, enfin.

Mais, comme on dit au Royaume-Uni, wait and see

 

Pour terminer, je vous parlerai de solidarité, compétence première des départements.

Nous savons, nous écologistes, que les politiques de solidarité menées dans le Val-de-Marne sont ambitieuses et généreuses et qu’elles ont pour finalité de réduire les inégalités de ressource et de contribuer à l’égalité des chances.

Bien sûr, nous pensons qu’il faut être plus innovant, plus audacieux, explorer de nouvelles solutions en matière de construction et de gestion de logement, de prise en charge des personnes âgées, d’intégration des handicapés, et pour faciliter le retour à l’emploi des plus précaires. Mais nous savons que l’audace et l’innovation dont nous avons besoin pour nos territoires seraient encore moins mises en avant sous un exécutif de droite. Il suffit pour cela d’aller jeter un œil sur les actions mises en œuvre dans les Hauts-de-Seine…

Nous savons quelles conséquences désastreuses aurait un basculement à droite du Conseil départemental sur les politiques sociales, éducatives, environnementales. Nous refusons que demain, les collèges, les services sociaux, les crèches, les associations soient privés des moyens d’agir.

 

Comme je le disais au début de mon intervention, les écologistes ont toujours montré qu’ils savaient allier convictions fortes et sens des responsabilités.

A l’issue du second tour de dimanche prochain, du fait de ce mode de scrutin baroque qui n’a pour seul et unique avantage que celui de faire avancer la parité et la place des femmes en politique, il n’y aura que peu d’élus écologistes au conseil général, au maximum 2 sur 50. C’est peu ; c’est bien moins que ce que représente l’écologie politique pour les Val-de-Marnais.

Mais cela n’empêchera pas les écologistes de faire entendre leur voix au sein de la majorité de gauche et écologiste dont nous contribuons à la dynamique de victoire. Et cela ne nous empêchera pas non plus de peser sur les politiques publiques dans le Val-de-Marne, comme nous le faisons déjà à la région Ile-de-France et comme nous le faisons à Créteil depuis de longues années, avec ou sans élus, dans la majorité ou non.

Notre ville et notre département ont besoin de politiques environnementales et sociales vigoureuses et ambitieuses, indispensables pour préparer l’avenir du Val-de-Marne.

Pour cela, il n’y a qu’une seule solution : donner dimanche prochain au Val-de-Marne une majorité de gauche et d’écologistes. Vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Je vous remercie.

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