Europe: on ne peut pas s’en plaindre sans se donner l’ambition d’y changer les choses

Voilà deux gouvernements successifs que les ministres délégués ou secrétaires d’état aux affaires européennes sont des personnalités sans doute très méritantes sur bien des domaines mais assez étrangères aux questions européennes.
Thierry Repentin était élu territorial, spécialiste des questions d’éducation et de formation au plan national. Harlem Désir est certes député européen mais son taux de présence (740eme sur 754) l’aura certainement empêché de tisser des liens suffisants pour renforcer le poids de la France dans la politique européenne. Le signal d’indifférence voire de léger mépris envoyé à l’égard du Parlement Européen est en tous cas catastrophique alors que nous votons dans 6 semaines pour le renouveler.

Au-delà, l’Union Européenne étant un lieu crucial d’élaboration de notre législation comme de notre politique économique, priver les relations européennes d’un ministère de plein exercice est une grave erreur : le poids d’un sécrétariat d’Etat qu’ils s’appelle Pierre Paul ou Jacques (mais pas Pierrette ni Paule, les 8 derniers titulaires étant des hommes) est clairement insuffisant pour établir un rapport de force en mesure de contrer et changer la ligne politique européenne d’austérité budgétaire.

Ce manque d’ambition confine à l’erreur stratégique, en témoigne le peu de cas fait de l’Europe dans le discours de politique générale du Premier Ministre.
Pour les écologistes, il est politiquement incompréhensible de traiter l’Europe comme la dernière roue du carrosse gouvernemental français et se plaindre ensuite que l’Allemagne domine toute forme de discussion européenne.

L’Europe mérite mieux que ça.
La France au sein de l’Europe mérite mieux aussi.
Notre avenir à tous mérite que le parti socialiste et les membres du gouvernement prennent enfin l’Europe au sérieux.

Sandrine Rousseau, porte-parole
Julien Bayou, porte-parole

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