(La Croix) Pascal Canfin: «Il faut désormais intégrer la question du climat»

> Lire l’interview dans La Croix

La délégation française participe mercredi 25 septembre au tour de table à New York. La réunion doit permettre de faire le bilan avant l’échéance de 2015 et dessiner des pistes pour la prochaine décennie.

 

ENTRETIEN  Pascal Canfin,ministre délégué chargé du développement

« La Croix » :  Quelles sont les leçons à retenir des Objectifs du millénaire, qui arrivent à échéance en 2015 ?

Pascal Canfin : C’est un outil fédérateur dont il ne faut pas perdre la force mobilisatrice, même si beaucoup d’objectifs ne seront probablement pas atteints. Pour la première fois, la communauté internationale a dressé une liste limitée, chiffrée et mesurable de buts à atteindre. Il est absolument nécessaire de rester dans cette logique dans la rédaction des nouveaux objectifs de l’après-2015, quel que soit le nom qu’on leur donnera.

De nombreux pays occidentaux s’étaient engagés en 2000 à consacrer 0,7 % de leur PIB à l’aide. La France y parviendra-t-elle d’ici à 2015 ?

P. C. : La France devrait dépenser 5 milliards d’euros supplémentaires pour remplir cet objectif, ce qui semble difficilement concevable au regard de nos contraintes budgétaires actuelles. De nombreux pays ont baissé leur aide publique à cause de la crise, la France l’a préservée en 2013. Nous avons également été les seuls à avoir mis en place une taxe sur les transactions financières dont une partie des recettes (10 %) sera consacrée au développement. Avec cet argent, nous avons lancé une initiative pour que deux millions d’enfants du Sahel aient accès aux soins gratuits. La couverture médicale universelle, l’égalité entre les femmes et les hommes et la transparence financière seront trois dossiers que défendra la France lors des négociations pour fixer les nouveaux objectifs de l’après-2015.

L’environnement était absent des OMD définis en 2000. La question sera-t-elle prise en compte à l’avenir ?

P. C. : Pour faire reculer la pauvreté, on ne peut plus faire abstraction de l’insoutenabilité de nos modes de développement. Un exemple : l’érosion côtière affecte aujourd’hui la baie de Dakar, capitale du Sénégal. Les eaux ont grignoté un kilomètre de côte en vingt ans. Dans la banlieue de Dakar, des maisons s’affaissent ou disparaissent sous les eaux et les familles retombent dans l’extrême pauvreté.

Cet exemple montre que les agendas « climat » et « pauvreté » sont amenés à fusionner. C’est, en tout cas, le sens politique que nous voulons donner aux négociations internationales des deux prochaines années.

> Lire l’interview complète dans La Croix

Remonter