Le collège Simone de Beauvoir se bat pour des moyens à la hauteur des enjeux

La publication de la nouvelle carte de l’éducation prioritaire a suscité la colère de l’ensemble des personnels du collège Simone de Beauvoir, seul collège du secteur exclu de l’éducation prioritaire. En effet, les collèges Pasteur, Laplace, Schweitzer et Eluard, qui ont des problématiques similaires, pourront eux bénéficier du dispositif.

A première vue, l’on pourrait se dire que cette sortie du collège Simone de Beauvoir du réseau d’éducation prioritaire serait le signe que les conditions d’enseignement y sont satisfaisantes. Et bien non ! Comme l’expriment les professeurs en grève depuis le mercredi 3 décembre avec le soutien des associations de parents d’élève, le nombre d’élèves continue d’augmenter,  alors que les moyens humains et matériels alloués au collège continuent eux de diminuer. Dans le contexte de crise économique que nous connaissons et qui n’épargne pas les parents et les enfants qui fréquentent le collège, la hausse des effectifs dans les classes (jusqu’à 29 élèves par classe !) induit déjà une recrudescence des incivilités et la dégradation générale du climat au sein du collège.

Voici le témoignage de Miriam Panigel, enseignante au collège Simone de Beauvoir, qui nous fait partager ses impressions :

« Depuis hier matin (le 3 décembre), le collège Simone de Beauvoir est silencieux : ni cours ni élève. A l’unanimité moins une voix, les enseignants ont voté mardi la grève pour au moins mercredi et jeudi (il y a un préavis déposé par les syndicats jusqu’au 18 décembre).
Notre collège, comme tous les collèges de Créteil, était classé en « Zone violence », appellation qui disparaît. Et le collège Simone de Beauvoir est le seul à ne pas entrer dans le dispositif REP.
Pourtant, nos conditions de travail se sont aggravées récemment. Nous avons des effectifs de 29 élèves dans certaines classes qui sont à la limite de ce que nous pouvons gérer surtout dans les classes nécessitant un matériel spécifique. Les rapports entre élèves et même élèves/adultes sont très tendus et parfois violents.
L’an passé pour un effectif très proche nous avions six sixièmes, cette année cinq seulement. Puisque la dotation horaire se fera à enveloppe constante dans le secteur, nous craignons que la situation ne se détériore encore à la rentrée prochaine.
Nous n’avons donc pas pris nos élèves mercredi matin, les parents sont venus les chercher ce qui nous a permis d’expliquer nos revendications et de demander leur soutien.
Mercredi après midi nous sommes allés avec banderoles et crécelles manifester devant le rectorat.
Le jeudi 4 décembre, tous les enseignants étaient grévistes.

Vendredi les parents d’élèves individuels et Fédérations nous ont relayés :ils ont cadenassé l’entrée et occupé le parvis devant les grilles malgré le froid toute la journée. Donc encore une journée sans cours : collège bloqué !
Ce lundi 8 décembre dès 6H30 une bonne vingtaine de parents se sont organisés pour bloquer et surveiller leur cadenas. Les enseignants sont présents mais il n’y a pas d’élèves!
Les parents sont très conscients des enjeux et nous soutiennent pleinement »

 

La sortie du collège Simone de Beauvoir du réseau d’éducation prioritaire va avoir des conséquences néfastes pour l’avenir des élèves : les dotations allouées au fonctionnement du collège vont diminuer, les effectifs par classe risquent encore d’augmenter, et le climat scolaire de se dégrader.

Le groupe Europe Ecologie les Verts de Créteil apporte tout son soutien au mouvement des professeurs et des parents du collège Simone de Beauvoir, qui se battent pour enseigner dans de bonnes conditions et permettre ainsi aux élèves du quartier de bénéficier d’une égalité des chances plus réelle.

 

Remonter